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Interview de Maurice Alhadève

2010
Mardi, 15 Février 2011 07:58
La carrière professionnelle de Maurice Alhadève s'est entièrement déroulée au sein de l'industrie du parfum au travers de divers postes à responsabilités parmi lesquels : senior vice-president chez Haarmann& Reimer, directeur général de Créations Aromatiques, vice-president chez I.F.F. France ainsi que différents postes de direction au sein du groupe Unilever, en particulier la responsabilitéde la division parfum de luxe.

Maurice Alhadève est chevalier dans l’ordre des Palmes Académiques. Il enseigne à l’IEP de Paris ainsi que dans plusieurs grandes écoles et universités.

Pourquoi avez-vous choisi de rejoindre une école comme l’Ecole Supérieure du Parfum ?

J’ai très tôt été intéressé par le projet de l’Ecole Supérieure du Parfum car il reposait sur un certain nombre de constats que j’avais également formulés au cours de ma vie professionnelle au sein de l’industrie du parfum et de la cosmétique.

Le premier d’entre eux : ce monde est suffisamment complexe et exigeant pour nécessiter la formation de professionnels ouverts sur l’ensemble des problématiques, qu'elles soient d’ordre techniques, scientifiques, créatives, managériales ou commerciales.

C’est donc ce message que je me suis efforcé de relayer lors de la création des programmes, la définition de la pédagogie ou la communication vis-à-vis des entreprises du secteur.

 

Cette forme de polyvalence ne peut elle pas nuire à l’exigence de maîtrise scientifique recherchée lorsqu’on s’intéresse à la création de parfum ?

La maîtrise des mécanismes de création d’un parfum reste au cœur de l’enseignement à l’Ecole Supérieure du Parfum. Chaque étudiant reçoit, au travers d’un cursus complet, un bagage suffisant pour comprendre l’intégralité des processus scientifiques à mettre en œuvre pour la création.

C’est notamment la raison pour laquelle nous avons souhaité proposer un cursus complet de cinq ans. Il nous permet lors des deux premières années, de centrer notre enseignement sur des notions scientifiques fondamentales en les liant, chaque fois que cela est possible et souhaitable, à l’univers du parfum, puis de disposer de suffisamment de temps pour aborder dans le détail les autres aspects tels que le marketing, la communication et la commercialisation des parfums.

 

La formation de nez reste t’elle l’objectif principal de votre école ?

La formation de nez est un objectif parmi d’autres. Ce métier est réservé à un nombre très restreint de diplômés, quelles que soient les écoles dont ils sont issus. Notre projet de formation ne peut donc se résumer à ce seul objectif d’autant que l’industrie du parfum recèle un nombre très importants de métiers au-delà de celui que vous indiquez.

Chaque étudiant bâtira son projet en fonction de ses objectifs et de son potentiel avec comme objectif final une insertion professionnelle réussie.

 

Quels sont ces autres métiers auxquels vous faites référence ?

Il ne faut pas oublier que l’industrie de la cosmétique et donc du parfum contribue à hauteur de plusieurs dizaines de milliards d’euros à l’économie française et représente le quatrième poste d’exportation. Au total ce sont plusieurs centaines d'entreprises qui sont répertoriées dans ce secteur. Les opportunités d’emplois sont donc nombreuses pour les profils que nous souhaitons former au sein de l’Ecole Supérieure du Parfum en combinant expertise créative et qualités opérationnelles et managériales.

Schématiquement, au-delà du métier de création à proprement parler, les gisements d’emplois concernent à la fois la partie amont du secteur : le sourcing matières premières, le contrôle qualité, la production, le traitement des problématique de sécurité et de développement durable et la partie avale : technico-commercial, responsable réseau / point de vente, marketing (notamment appliqué), formation, export et distribution internationale.

Entre les deux, par exemple, les métiers de l’évaluation exercés chez les fournisseurs concentrés parfumants au sein des marques me semblent particulièrement intéressants puisqu’ils font le trait d’union entre les attentes des équipes marketing et la création. Ils sont ainsi parfaitement en ligne avec la stratégie pédagogique de l’Ecole Supérieure du Parfum !

 

Maurice Alhadève

Président du conseil de perfectionnement de l’Ecole Supérieure du Parfum


 


 

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